Exorcisme -
  • Roman
  • Littérature étrangère
  • Date de parution : 07/03/2001
  • 352 p., 21,50 EUR €
  • ISBN 978-2-85940-715-5
Exorcisme
Carlo Gébler
Traduit par Bruno Boudard
Langue d'origine : Anglais (Irlande)

À la sortie du livre en Angleterre, le critique Will Self n’hésita point à le saluer par ces mots : « Le meilleur roman historique que j’ai lu de ma vie ! » Même si Exorcisme n’est peut-être pas vraiment ce qu’on appelle chez nous un roman « historique », il se fonde, c’est vrai, sur une réalité précisément datée : un fait divers qui, à la toute fin du siècle dernier, fit à peu près autant de bruit en Irlande que le procès d’Oscar Wilde, bien qu’ayant pour cadre un milieu tout différent...
Le 22 mars 1895, on retrouve dans un village du comté de Tipperary le corps carbonisé d’une jeune paysanne, Bridget Cleary. L’enquête révèle vite ce que tout un chacun savait : victime d’un coup de froid, la belle Bridget a été « soignée » par le sorcier du coin, qui officie avec la bénédiction plus ou moins tacite de l’Église, elle aussi obsédée par les affaires du « Démon ». Et ce sont les siens, tous ceux qu’elle aime – son mari, sa tante, sa cousine – qui vont prêter la main, plusieurs jours durant, à cet exorcisme barbare, longue séance de torture pratiquée sur un corps réputé « impur », à l’issue de quoi l’infortunée Bridget finira transformée en torche vivante, sous le regard horrifié et fasciné de témoins rendus complices.
Carlo Gébler, Irlandais pur jus (il est le fils d’Edna O’Brien), largement acclamé outre-Manche, est encore peu traduit en français. Il a étudié avec soin le dossier de l’affaire qui l’occupe ici, mais c’est en romancier qu’il s’empare de son sujet et lui fait rendre gorge, dans un style précis et haletant qui ne nous épargne rien. On l’aura compris, nous sommes loin des conventions de la fiction « d’époque ».Très vite, nous nous trouvons être, nous aussi, les contemporains de Bridget et des siens, bientôt témoins, complices à notre tour... Car la lâcheté humaine, qui trouve mille excuses pour s’accommoder du pire, est de tous les temps, et les gouffres autour desquels elle tourne s’ouvrent d’abord en nous.

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