L’Île rouge -
  • Roman
  • Littérature française
  • Date de parution : 07/04/1994
  • 272 p., 19,95 EUR €
  • ISBN 978-2-85940-326-3
L’Île rouge
Michel Marty

Bordeaux (quai des Chartrons), 1895, Jean-Baptiste Domergue s’ennuie. Il est pourtant amoureux,mais ce sentiment même le désespère. Alors il rêve... Il rêve aux pays lointains dont les produits rares - cannelle, vanille, girofle - s’entassent dans les magasins de son heureux cousin, où il travaille en qualité de commis aux écritures.
Jusqu’au jour où ledit cousin a la drôle d’idée de l’expédier au bout du monde : à Fort-Dauphin exactement, comptoir français sis à la pointe sud d’une grande terre encore à demi inconnue, Madagascar (l’Ile Rouge). C’est peu de dire que Jean-Baptiste découvre alors un nouveau monde. Il découvre tout simplement la vie, et s’en enchante. Non que la vie en question soit particulièrement rose ; au moins elle est vivante. Un peu trop même parfois, aux yeux d’un gqr9onqui est rien moins que belliqueux, mais se laisse volontiers embarquer dans des entreprises hasardeuses. Il arme un boutre pour Zanzibar et se retrouve sur la paille d’un cachot. Il fait office d’interprète (et d’espion) à l’heure où les Français se décident à « pacifier » l’Ile Rouge. Il assiste à tout, dénombre les malentendus qui opposent la reine Ranavalo et les conquérants maladroits, tombe amoureux d’une suivante de la cour, accède au rang de premier Porte-pantoufle royal, suit les troupes coloniales qui ont tôt fait de mettre l’île à feu et à sang, avant d’être elles-mêmes tragiquement décimées...
Ce pourrait être la trame de n’importe quel roman d’aventure. Mais la main de Michel Marty a le don d’en faire un tissu d’images mouvantes – menacées en leur horreur ou leur beauté comme sont les figures des songes. Car, on le sent bien, c’est le destin d’un personnage à jamais incertain, partagé entre deux mondes, qui fascine ici l’auteur. Jean-Baptiste avec lui rêve d’une histoire et d’une géographie que nous n’avons pas osé inventer : fondée sur le mélange des sangs et la conjugaison des contraires – et qu’il nous est plus loisible de décliner que sur le mode de la poésie, c’est à dire du regret.

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