Owen Glendower -
  • Roman
  • Littérature étrangère
  • Date de parution : 25/04/1996
  • 544 p., 24,60 EUR €
  • ISBN 978-2-85940-425-3
Owen Glendower
II. Les Fôrets de Tywyn
John Cowper Powys
Traduit par Patrick Reumaux
Langue d'origine : Anglais (Royaume-Uni)

La guerre menée par le prince celte Owen Glendower (1359-1416), qui rêve d’arracher le pays de Galles à la tutelle de l’Angleterre, est à l’image de toute existence : quelques triomphes et une défaite assurée pour finir. Des années ont passé. Rhisiart, devenu le secrétaire du prince rebelle, voit son destin livré aux caprices de l’Histoire – laquelle se plaît comme on sait aux chassés-croisés et aux malentendus. Il n’épousera pas celle qu’il aime, et celle qu’il épousera ne laissera pas de le fasciner – et d’en fasciner quelques autres. Mais l’amour lui-même, comme les autres entreprises des hommes, n’échappe pas au tourbillon qui tout emporte...

Powys, fidèle à sa manière, conjugue tous les registres, convoque tous les extrêmes : réalité et fantasme, histoire et mythologie, christianisme et celtisme, turpitude et sainteté. On se bat et l’on prie. On rêve de fonder un royaume où le peuple ferait la loi. Et l’auteur s’ingénie (fidèle à sa manière encore) à mélanger allégrement les fils du désir : on pinçouille un petit page par-ci, une accorte servante par-là, et l’auguste divinité qui gouverne tout ça – Odin ou Jéhovah, allez savoir – laisse aimablement faire. Heureuse époque ? Ce serait beaucoup dire, car le sang déjà y coule à tout bout de champ. On y respire pourtant un parfum de liberté ensauvagée qui manque à la nôtre. Les hommes d’alors n’étaient certes pas meilleurs, nous est-il murmuré à l’oreille, mais se trouvaient moins soumis peut-être à la tyrannie du réel, dans la mesure où ils gardaient toujours un pied dans l’au-delà : ce territoire mal éclairé où les moines logent leurs saints et leur dieu, et les auteurs leurs songes.

Les inconditionnels de John Cowper Powys (1872-1963) placent volontiers sur la plus haute marche Owen Glendower (1941) resté à ce jour inédit en français (et publié ici en deux volumes : I. « Les Tours de Mathrafal » ; II. « Les Forêts de Tywyn »). On comprend, à lire cette épopée du bel excès, l’amour qu’un Henry Miller a pu porter à cette œuvre, ouverte à tous les élans comme à toutes les inconvenances.

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